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Les compagnies de disques reprennent la musique sur Internet à leur compte

For our french-speaking viewers, here is the "made in Québec" translation and adaptation of the Wall Street Journal article that we posted yesterday:

Les compagnies de disques reprennent la musique sur Internet à leur compte

( 20 août 2001 ) – À défaut de mettre un terme à l'échange illégal de fichiers musicaux sur Internet, les compagnies de disque offrent d'écouter un disque au complet, à leurs conditions, avant sa lancée. C'est ce que Reprise Records, filiale de AOL Time-Warner, fait aujourd'hui avec le prochain album de New Order, prévu pour octobre.

C'est sur le site de la radio Spinner.com que Reprise Records, toutes deux faisant partie d'AOL Time-Warner, permet aux fans du groupe rock britanniques d'avoir accès aux pièces du nouvel album du groupe. Les chansons sont téléchargeables mais ne sont écoutables qu'en flux (streaming).

Cette situation devient de plus en plus courante chez les majors, eux qui sont toujours en lutte contre le site d'échange de musique en ligne Napster. C'est pour profiter de cette tendance que l'on tente de profiter du vent. En permettant la distribution de pièces exclusives avant le lancement de l'album, en téléchargement valable pour seulement quelques heures ou pour l'écoute en ligne, le Net devient ainsi une importante composante de la mise en marché des artistes par les compagnies de disques.

` Ce changement d'attitude est rendu possible grâce, notamment, à la prolifération des offres de musique en ligne. Mais c'est aussi parce que, comme le souligne le directeur des nouveaux médias de Capitol Records Robin au Wall Street Journal, "cela tombe sous le sens que si les pièces sont disponibles en ligne de toute façon, autant être proactif et les rendre accessibles en en contrôlant l'accès." Des albums complets de Madonna, d'Eric Clapton et de Gorillaz ont ainsi été mis en ligne avant leur lancement. Le groupe Radiohead avait été promu sur plus d'un millier de sites

Les sites de musique en ligne ont aussi fait beaucoup de pression pour faire que les majors offrent des produits plus alléchants que des extraits d'une trentaine de secondes. On veut habituellement des produits "exclusifs", et les sections musicales de sites comme Real Networks refusent en général de diffuser des extraits de pièces. Seules les pièces complètes ont droit de cité.

Un problème qui se profile évidemment avec ce type d'offre est que, pour les sites à qui les majors offrent des pièces complètes en exclusivité, avant le lancement de l'album, il subsiste une zone d'ombre quant à l'indépendance éditoriale. Les gros joueurs comme AOL Music, bénéficiant d'un empire intégré, poussent à fond la mise en marché des mois à l'avance. Résultat: les sites de musiques en ligne, pour avoir accès aux pièces musicales avant tout le monde, doivent promouvoir les artistes, et la crainte que cela ne soit faità outrance est présente, les partenariats devant alors se négocier de chaque côté d'une mince ligne entre indépendance éditoriale et promotion…

-Jean-François Parent

Thanks to: Jesus Christ and the Internet