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Brian Jonestown Massacre Rockstore,Montpellier,2/11

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Ce doit être ce qu'on appelle du Rock n Roll... Le truc sauvage et farouche ,parfois sur la corde raide . Pas vraiment professionel au sens habituel du terme du moins. Qui tient de l'expérience plus que du set habituel. L'âme est à nue . Avec ce que celà comporte d'approximations , d'incertitudes, de chaos mais aussi d'illuminations.

Le Rockstore de Montpellier accueillait ainsi, hier au soir ,une des 4 dates de la mini tournée française et automnale des Californiens de Frisco , guidés par Anton Newcombe. Les BJTM sont une sorte d'ovni dans le paysage musical actuel .Pour eux le rock ( pour Newcombe surtout) a dû s'arrêter aux alentours de 68/69.Quelques centaines de fans de la région sud se pressaient donc ,dans la mythique salle Montpelliéraine où le gratin du rock indé est venu ,un soir ,faire un tour , pour y entendre ce que des gens de 2006 pouvaient faire armés de guitares vintage à faire pâlir d'envie. Paradoxalement pas trop de quadras dans les rangs du public- nous devions être une quarantaine (!)tout au plus de cette décennie - et une moyenne d'âge tournant autour de 30 ans, plutôt...Mais en poussant un peu, notez bien,on pourrait même descendre un poil plus bas. (à suivre):wink:

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(la suite) On connaît Newcombe pour ses frasques. Son côté excessif, un tantinet caractériel qui lui valut plus de déboires que de succés. Folklore ou réalité ? Réalité - sans nul doute . Sur scène tout ce petit monde fume , boit sec et ...s'engueule...ou fait des tas d'autres choses.Entre les titres les arrêts (longs) sont fréquents. Le sommet a été atteint hier soir ,motivé par un obscur conflit entre le nouveau guitariste soliste du groupe(impressionnant avec sa Gibson 12 cordes ou sa Vox Phantom)et Newcombe autoritaire patron de l'orchestre. Minimum 5 minutes de palabres tensives, dos tournés au public , exaspérant les plus patients dont moi-même . Ainsi finis-je par lâcher un sonore "What the fuck are u doin ? Play music , don't talk ! We want u to play ! We've paid 4 this!" ce à quoi Anton répondit finalement "qu'ils étaient en train de parler entre eux- on s'en était aperçu- pour mieux jouer, pour eux et pour nous !" - Applaudissements. Ouf:wink: et reprise du programme . Newcombe et ses amis jouèrent-ils vraiment mieux alors ??? Je vous le jurerais pas. En tous les cas voilà déjà le genre de trucs que vous ne verrez surement chez nul autre groupe que BJTM . Ca peut valoir un détour. (à suivre):thumb:

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Et la musique alors ? Eh bien oui , en effet , la musique ! qui est ce que revendique essentiellemnt Newcombe,puriste , esthète et exigeant, comme centre de ses préoccupations.Comme centre de sa vie même . Accords simples des bases du rock ,joués dans leurs positions souvent les plus premières. Progressions classiques et pop .Des riffs vintages qui tuent! On peut penser au Velvet et au riff Lou Reedien bien posé de SR ou SJ, aux early Stones aussi , au folk rock de Dylan encore.Le riff a chez BJTM une importance incontournable. Et là dessus un sens de la mélodie indéniable. Newcombe tricote ses mélodies sur des grilles simples et les rend accrocheuses, envoutantes, hypnotiques. Here she comes, Hide and Seek (magistral), Who!(psychédélique à souhait),When Jokers attack entre autres ont été des très très beaux moments de la soirée.

On parlera des finals , aussi, parfois longuement étirés et qui vous mettent en transe .En faire l'impasse serait oublier une caractéristique de l'ambiance musicale de la soirée. Que dire de ces longues minutes sur le Solmajeur final de Jokers! Superbe. Superbe mais peut-être un peu trop systématisé quand même, hein, Anton...

:brow: :

Il n'y aura pas eu de rappel au set . Un long bidouillage d'amplis , de boucles de guitares et de basse en ayant fait sans doute office dans l'esprit de l'orchestre . Un peu longuet quand même , on pouvait un temps se croire chez G.Moroder , mais quelque chose y manquait tout de même . On aurait également sans doute aimé que le claviste fut plus présent et rajouta de ces harmonies qui sont si pertinentes sur les albums et qui ont, hier soir , été un peu étouffées. Par la sono sans doute, aussi, toujours aussi "délicate au Rockstore.

Petit salut ,casquette de marin soulevée et Newcombe disparut comme il était venu. Dans l'angle sombre de la scène .Dans l'angle sombre du rock.:uhoh: :uhoh: How will it end ?

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tres sympa,ton compte rendu du concert !!!le mien de nouvelle vague est nettement moins impressionnant...et aussi plus court.ceci-dit,je ne suis pas sur que Brian Jonestown Massacre soit ma tasse de thé.la preuve que ta description de leur musique est claire car sans jamais avoir écouté , j'ai le sentiment que ca ne me plairait pas trop.mais il va falloir quand meme que j'en ai le coeur net,quel album me conseille-tu pour me faire une idee???

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Ben moi je suis allé voir Psg samedi dernier contre Rennes. Ils ont gagné mais c'etait vraiement poussif. Pas nul mais laborieux. 20 € pour ca, c'est un peu scandaleux, mais bon ca faisait longtemps.

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florent wrote: Ben moi je suis allé voir Psg samedi dernier contre Rennes. Ils ont gagné mais c'etait vraiement poussif. Pas nul mais laborieux. 20 € pour ca, c'est un peu scandaleux, mais bon ca faisait longtemps.

:skeptic: :skeptic: O M ! O M ! (non je rigole!)

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structure wrote: tres sympa,ton compte rendu du concert !!!le mien de nouvelle vague est nettement moins impressionnant...et aussi plus court.ceci-dit,je ne suis pas sur que Brian Jonestown Massacre soit ma tasse de thé.la preuve que ta description de leur musique est claire car sans jamais avoir écouté , j'ai le sentiment que ca ne me plairait pas trop.mais il va falloir quand meme que j'en ai le coeur net,quel album me conseille-tu pour me faire une idee???

http://www.brianjonestownmassacre.com

le double album "pepper mint...." est une compil intéressante.Sortie en 2004 , en gros B.O du dvd "Dig!"(aussi film en salle) réalisé sur le groupe , suivi sur plusieurs années par une journaliste US.On y trouve un panorama assez large de la musique du groupe . Les perles sont "going to hell" "Is love the answer""Hide and Seek" "Sailor""When jokers..." "servo" "prozac vs heroin"etc..j'en oublie. Of course il faut aimer un son "vintage" et référencé. Mais tout ça regorge de trouvailles dans les orchestrations, tablas,flutes,orgue hammond,vieux synthés, tambourin,maracas... Moi j'aime beaucoup.:thumb: Il y a des échos de groupes tels que Jand Mary Chain,The Bunnymen, Television (pour les plus récents).The Velvet,The doors,Stones (avec Brian!),Dylan pour les plus anciens. Un peu de Morricone ,Moroder ici et là... Bien sur on est super super loin de la new wave à synthés. C'est sur! Sur le site des albums peuvent être téléchargés. Ps: moi j'ai pas réussi:uhoh:

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Ah Ah je les avais vu à Rouen en Mai. C'était vraiment terrible, et là aussi le public était jeune (vraiment jeune, genre 20 ans de moyenne et même pas 10 trentenaires sur 100 personnes !!)

Outres les réferences aux sixties, je trouve qu'il ya un petit coté shoegaze dans leur musique. Surtout sur le premier album "Methodrome" qui est un peu différent des autres.

Ce qui marrant c'est que ce groupe était quasiment inconnu avant Dig! et maintenant c'est devenu une référence incontournable.

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peux pas résister. Son qui craque un peu dommage. Autre titre, ensuite , du set Montpelliérain, filmé par le même fan sans doute. http://www.youtube.com/watch?v=0\_DJE1bS6ho

Compte-rendu du concert de BJM au Rockstore à Montpellier paru dans Midi Libre le samedi 4 novembre.


BJM : les bâtisseurs de cathédrales soniques

Ceux qui, dans quelques minutes, n’auront d’yeux que pour lui, pour l’instant, ne le voient même pas. Et pourtant, à cette heure (hier, 20 h passées), il est là, Anton Newcombe, juste là, au milieu d’eux, au comptoir du Rockstore, à siroter son antigel. Coincé entre sa drôle de casquette et la fourrure de sa parka, son visage d’ange déchu affiche un air paisible. Visiblement surexcité à l’idée de bientôt admirer The Brian Jonestown Massacre, le public, lui, s’engouffre les yeux fermés dans la salle où l’attend The People's Revolutionary Choir, puissant sextet londonien sous influences My Bloody Valentine et Spiritualized (surtout). Anton Newcombe profite du brouillard électrique invoqué par le gang bruitiste pour se glisser dans la salle jusqu’aux loges. Toujours incognito.

Quand les lumières se rallument, ce n’est plus le cas : la salle (bondée comme un arc) hurle à l’entrée de BJM. Même si d’aucuns se demandent sans doute encore lequel est Newcombe. Non, ce n’est pas le placide guitariste rythmique au centre, c’est le type en noir, crispé, de profil, côté jardin, là où pousse l’herbe bleue ! C’est parti pour près de deux heures d’un concert hors du commun et du temps, hors normes et énorme. Extraordinaire en tous points, même les plus noirs. Ainsi, chaque morceau est-il suivi d’un silence lourd, dépressif, chargé d’attente et de menace comme un ciel avant la foudre. La tension est aussi palpable à chaque note, entre la scène et la salle (le nerveux gratteux côté court pédale dans la parano la plus âcre), et entre les musiciens. Plusieurs fois, le concert semble mal barré : Newcombe tance copieusement l’un, puis l’autre de ses guitaristes pour des pains que personne dans la salle n’a relevés. D’aucuns pensent à un sketch un peu glauque, soumission saumâtre à sa légende de caractériel perfectionniste. Mouais ! « On veut faire la meilleure musique possible. Pour nous et pour vous. C’est pour ça qu’on discute », explique Anton Newcombe. Là, d’accord.

La musique, parlons-en, le meilleur, le hors de tout, le au-dessus de tout, se situe là. D’abord, le son, parfait d’imperfection, exsude d’acidité lysergique. En disciple allumé de Spector, Newcombe imposent à ses séides (mention spéciale au batteur qui a tout compris de Keith Moon) sa vision du wall of sound. Un "mur de son", fragile comme la brume d’un songe toxique, solide comme un manifeste rock’n’roll, que le leader tague à chaque fois de solos déglingués, merveilles d’économie et de rusticité.

Dans les plus magiques instants, quand les morceaux albatros déploient leurs ailes de géants (notamment sur Hide & Seek, Here It Comes, ou When Jokers Attack), se profilent, derrière le mille-feuilles de notes carillonnantes, d’hallucinantes cathédrales soniques. A travers le cristal de ces architectures psychédéliques, on perçoit toute la qualité diamantaire de l’écriture mélodique d’Anton Newcombe. Et on y sent que, là, tout au fond, au cœur de la nef la plus délirante, se tapissent, amants diaboliques, son génie et sa folie.

Pure stridence, les cinq dernières minutes du concert nous ramènent si brutalement à la réalité qu’on se demande si en chemin, on n’y a pas un peu perdu l’esprit. A voir...

Jérémy Bernède in Midi Libre – 4 novembre 2006

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