Les raisons pour lesquelles j'ai tellement aimé JD et pour lesquelles j'aime autant N.O depuis leurs débuts sont ambigues... Ce groupe est - indépendamment de la construction musicale d'un style singulier-une véritable histoire. Une histoire de la vie et de la mort. De la perte,de la reconstruction, de la quête d'un sens à donner aux choses et au monde. Ces aspects sont liés à la musique de JD et NO. C'est donc bien au delà d'un simple goût musical, d'une simple (pas si simple) redéfinition des modes musicaux ou comment changer quelque chose au rock,le marier à d'autres influences, en faire un élément mutant, hors du plagiat commun. Mais il y a un parallèlle entre ce processus et l'adaptation permanente que demande l'existence. Que nous demande l'existence. Découvrir JD en 1980, à 18 ans, ce fut comme l'illumination avec Dylan à 13 ans: Rimbaud existait encore ! Comme Le Floyd de Syd Barrett peu de temps après,vers 14 ou 15 ans:un genre élaboré et extraordinairement riche en sensations...Nous étions loin de la distraction de fin de semaine ou de simplement,la question: quel disque acheter pour défouler le corps devant l'armoire à glace en singeant le jeu de guitare.
JD et NO ne sont peut-être rien d'autre qu'une illusion. EN tous les cas ils m'ont servi à comprendre quelque chose du monde et de moi même,tout au long de ces décennies..ce qui est remarquable,aussi, c'est que c'est sans doute involontaire.Il ne s'agit évidemment pas de maîtres à penser : je ne sais pas ce que pense N.O ( et à vrai dire je m'en fiche). N.O n'est rien d'autre que 3 garçons et une fille. Des gens de la classe moyenne qui ont tenté de rendre concret leur rêve. Ils y sont arrivés. c'est un exemple.A suivre.