Ceux qui iront voir DM prochainement et qui veulent y aller sans a priori, passez votre chemin; les autres, lisez ce qui suit!
Or donc, j'étions à Anvers dimanche soir pour l'évènement tant attendu. Voici mes commentaires, en vrac:
*D'abord, ça fait plaisir de les revoir après plus de 4 ans d'absence. Le public était conquis d'avance et la salle entière, jusqu'aux derniers rangs de sièges ou à peu près, était debout. Ambiance, donc.
*Scène joliment décorée par Anton Corbijn. Pour la première fois, les projections mélangent des animations et des images live. Trop peu d'animations à mon goût malheureusement. Ecrans limités à la partie droite de la scène, laissant la partie gauche un peu vide malgré la présence du "vaisseau spacial". Sensation de vide accrue par l'escamotage des claviers de Martin chaque fois que celui-ci est à la guitare (90% du temps).
*Martin aurait d'ailleurs mieux fait d'y rester tout le temps, à la guitare, parce qu'il nous a gratifié de quelques fausses notes attroces au clavier. Au début de Policy of Truth, il jouait la bonne mélodie mais... quelques tons trop haut!
*Fletch complètement en retrait laissant la vedette à un claviériste inconnu qui se la pête. On n'a même pas vu Fletch taper dans les mains, ce qu'il fait habituellement très bien et beaucoup. A force de se moquer de lui, on l'a inhibé.
*Batterie avec batteur surexcité présents sur la majorité des morceaux: c'est trop! OK pour les morceaux rock, mais des pièces électroniques comme Just Can't Get Enough et Everything Counts ont été littéralement détruites. Dommage.
*Setlist sans grande originalité: que des singles en dehors des extraits de PTA. En outre, peu de créativité dans les interprétations, dans l'ensemble conformes aux versions studio. DM nous a habitués à mieux en la matière!
*On se réjouira cependant de la résurrection de A Question of Time et, surtout, de Shake the Disease chantée contre toute attente par Martin (accompagné simplement au piano). Magnifique, surtout que la voix de Martin a retrouvé sa justesse et sa cristalinité d'antan (qu'on ne retrouvait pas, je trouve, sur son album solo).
*On n'en dira malheureusement pas autant de la voix de Dave qui, s'il chante de mieux en mieux en studio, chante de moins en moins bien en live. Il force complètement sa voix. Pour comprendre ce que je veux dire, comparez sa voix sur le DVD de la dernière tournée avec sa voix sur des enregistrements plus anciens ou sur les albums récents: vous verrez qu'elle est complètement différente. Ici c'était encore pire, elle était pratiquement méconnaissable.
*Dave était aussi plus statique. Guère de pirouettes autour du pied du micro, moins de déhanchements, besoin de s'arrêter fréquemment pour récupérer. On l'aurait dit essoufflé ou souffrant du dos. L'approche des 50 ans?
*Très longs temps morts entre les chansons au début du set, laissant conjecturer des problèmes techniques.
*Le groupe semblait heureux d'être là et on sentait une réelle connivence entre Martin et Dave. Leur duo sur Goodbye Lovers, pour conclure le set, était sublime, et la façon dont Dave a affectueusement embrassé Martin à la fin laisse supposer que les tiraillements au sein du groupe font partie du passé. Tant mieux! Le fait que le prochain single annoncé soit Suffer Well, écrit par Dave, y est peut-être pour quelque chose.
En conclusion, un concert en demi-teinte mais un très agréable moment quand-même.