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Chronique - Histoire d'un groupe rock -

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JEAN NOEL BOUET wrote: Good. Le Manchester Gardois, en quelque sorte..:rolleyes:

J'allais le dire... Et Sète le Liverpool local...

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Jiphy wrote:

JEAN NOEL BOUET wrote: Good. Le Manchester Gardois, en quelque sorte..:rolleyes:

J'allais le dire... Et Sète le Liverpool local...

où nous jouâmes au Heartbreak... On fait ce qu'on peut.

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Au printemps 83, Kalt Stadt s'est essouflé... Sid ( ou PAscal ou l'ex-homme au bonnet) est parti à la capitale où il s'essaie dans une fac de Théâtre... Michel ( que nous retrouverons), le mick Jones du groupe, est , lui, sous les drapeaux , à Perpignan. Jacques (drums) et moi nous retrouvons seuls...:shrug: Nous avons quitté notre salle de répétition , fournie par la municipalité, dans le fort Vauban du centre ville . Repli chez Jacques où nous nous aménageons une sorte de pièce insonorisée , tant bien que mal, pour continuer notre aventure. Le groupe est devenu un duo et songe à abandonner le nom imprononçable. Forcés par la situation , nos comos sont minimales. J'ai fait l'acquisition d'un synthé Crumar Performer, avec violons, cuivres et son de piano. Nous bidouillons des trucs sur bande qui tournent pendant que nous jouons live. C'est l'époque de 17 seconds, d'Eyeless in Gazades YMGqui tournent sur nos platines. Faith de The Curem'impréssionne et je deviens morose. Petite anecdote, l'appart de Jacques est situé au dessus d'un cinéma porno . Régulièrement l'ouvreuse , amusée,vient nous dire de baisser le son ou d'arrêter la batterie dont les vibrations, sans doute, contrarient la bonne appréciation de l'action sur les écrans:rolleyes: :rolleyes: Sous cette formation duelle , nous donnons pourtant deux concerts, aidés d'un copain qui tient notre sono et le magnéto. Nous sommes les deux fois , rejoints sur scène par un copain qui fait office de roadie officiel. Fou d'Iggy ( avec lequel il s'est roulé sur scène à l'Odéon de Montpellier) il prend généralement le micro et beugle un peu tout et nimporte quoi. Nous mettrons ainsi au point une version iconoclaste du Twist à st Tropez de Dick Rivers et ses matous sauvages sur laquelle il tient la partie de chant de façon à peu près cohérente! Un must.:thumb: Les deux fois nous jouons le titre en final, lequel contraste assez avec le reste de notre répertoire où nous glissons nos premières lignes de synthé.Ainsi se passeront l'hiver et le début du printemps, en attendant un gros coup...

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Le gros truc s'annonça fin mai. Une association locale, engagée dans la prod de concerts rocks, prévoit , à ce moment là, une soirée dans les arènes nîmoises. Traditionnellement vouée aux corridas, les arènes, à l'époque, accueillent aussi , l'été, un festival de Jazz important. Un truc rock, alors, pourquoi pas ? Je suis étudiant à Nîmes où je loge désormais et j'ai donc vent de l'affaire par le disquaire local, 340M/s, chez qui , on s'en doute, j'ai l'habitude de passer de longs moments. A moins que ce ne fût par la voix de mon copain libraire et disquaire de "l'Oreille cassée", chez qui j'ai acheté, un peu plus tôt, mon exemplaire de Blue Monday et l'album n° 2 PCL, les deux galettes tournant beaucoup sur ma platine. Donc envoi de cassette. Le type qui dirige l'assos, on le surnomme Cocatrix!Grosses lunettes montures à écailles, costard, manque que le cigare...Le problème c'est que nous ne sommes plus que deux. Impossible de rapatrier Michel(Mick Jones) incorporé sous les drapeaux . Sid (bassiste fou) est sur les bancs de sa fac parisienne. Lui , par contre, descendra exprès pour l'évènement, si nous sommes retenus... Pas mauvais au Top 10 local, nous le serons!:thumb:

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Peu de temps avant"Les arènes" nous montons , Jacques ,moi, le roadie et notre copain à la sono, dans les massifs ardéchois , pour donner un concert dans un bahut. Forcéement il y a du monde, parce que le lieu est fréquenté par des internes qui s'emmerdent le soir. J'y essaie ma nouvelle guitare, flambant neuve, une Fender Music Mastersur laquelle j'ai aussi fait rajouter un micro de ma télécaster(copie).J'ai fait l'amplette d'un nouveau chorus Boss, d'un autre flangeret d'une pédale fuzz Tokai, pas chère mais qui me donne un son différent de la distors de l'ampli Roland lorsque je l'enclenche pour quelles lignes saturées.Clairement, ça sonne. Faut bien, vu qu'à deux musiciens (+ le magnéto) il s'agit quand même d'assurer. Je me souviens très bien de ce soir là. Notre Road me fait aussi le "chauffeur", ce qui fait que je pique un roupillon depuis Nîmes jusqu'au lieu du concert à 80 kms de là.L'homme qui est étudiant avec moi et collectionne une quantité extraordinaire de vinyles, me copie régulièrement des K7. Magazine, Buzzcocks,Jam,Specials, Madness.The Only Ones aussi pour ce qui est des British. Iggy, The Stooges,pour le côté US. Devo,aussi ou The Residents The Gun Club, Suicide, des pirates du Velvet, dont le mythique 1969. Curieusement , s'il apprécie JD, notre Road se désintéresse royalement de NO et des groupes tels que The Cure, ou Echo and the Bunnymen que j'écoute attentivement... Parmi ses enregistrements c'est le 1969 du Velvet qui me marque le plus. Il marque aussi nos expériences en duo. Nous reprenons WLWH à fond les manettes. ce soir là, je pêterai d'ailleurs deux cordes sur le riff. Changement de matériel le morceau suivant se fera sur le Crumar Performer et ses nappes de violon. Nous jouons "Love song" une adaptation plus ou moins avouée qui ressemble terriblement à un titre de Barrett. Backstage on me change les cordes et final avec notre fameux " Twist à St Tropez"! C'est ce soir là ,également, où lors de notre "engagement" pour la soirée, que je trouvai notre nouveau nom.:"Les Passagers"

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Printemps 83 - mais aussi les années suivantes-:rolleyes: , No est tout de même devenu une sorte d'obsession. Musicalement le groupe me passionne et laisse tous les autres loin derrière.Movement et PCL, sont indéniablement mes disques favoris. Les singles Temptation et EGGtournent en rond sur ma platine. ceux, plus anciens , de JD, y ont leur place de choix. LWTUAs'est imposé comme un must musical qui allie mélodie et beat. La voix de Ian, en improbable crooner, m'amènera à modifier , parfois, ma propre façon de chanter, par son exemple. Sur ce point le chant de Barney qui n'a pas encore acquis son "style" et ne fait pas vraiment "école", nouslaisse et me laisse un peu pantois.Les commentaires fusent, issus d'une comparaison qui n'a pas lieu d'être. Toutefois j'y perçois un autre possible quant à ce qui peut-être attendu en matière de lead singer. C'est le contraire de Ian, mais ce contraire devrait pouvoir devenir une voie( si on peut dire) à part entière. Il faut bien comprendre que la décennie précédente nous avait plus habitué à des leaders vocaux aux performances reconnues. De Morrisson à Robert Plant, en passant par Bowie, Brian Ferry, le lead singer en impose par une présence marquée.Lydon, idem, dans son genre.Barney va en imposer par une forme de retrait. Autre conflit naissant , la trahison de NO par rapport à l'héritage de JD. La plupart des fans de JD, ainsi, n'aiment guère le nouveau groupe qui confirme dans une nouvelle voie.Ca paraît rien, aujourd'hui, mais à l'époque, ça alimentait sérieusement les discussions. Personnellement je considérais que NO était en train de nous montrer un autre chemin. Comme JD l'avait fait . J'étais donc très attentif.

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Et le 21 Juin arriva. En fin d'après-midi j'allai à la gare chercher Sid qui descendait tout exprès de Paris. On récupère son ampli basse aux bagages et on charge le tout dans ma 4L . Nous n'avons plusjoué ensemble deouis plusieurs mois, mais , à priori ça ira. En acoustique nous grattons tous les deux , histoire qu'il se recale sur nos titres. Jacques descend d'Alès et nous rejoint, la R9 chargée avec la batterie - la pauvre renault rendra bientôt l'âme, et notre batteur la remplacera par une DS Citroen top classe - mais pas idéale pour le transport des drums. Nous nous présentons un peu plus tard, backstage, au arènes Nîmoises. On nous colle un petit badge adhésif. Un groupe joue déjà, assez connu localement, dans un répertoire rock/ country, les Route 66, des types déjà dans la trentaine et qui tiennent bien les guitares. Après eux c'est les Rockin Teddies, qui viennent d'Avignon. Les types sont des clones des Stray Cats! Nous les retrouverons deux ans plus tard. Après eux j'ai un trou de mémoire... Il me semble que jouent deux types courbés derrière des synthés. C'est pas mal mais un peu inadapté à la taille gigantesque des lieux , chargés d'histoire. De toute façon je n'écoute que distraitement parce qu'un jeune homme américain me parle de NO, vu qu'on lui a dit que le groupe était dans nos influences. Je confirme. Nous soulignerons même notre intérêt en faisant , pour la première fois, une reprise de Ceremony. Vers 22h c'est à nous de jouer - juste après les types aux synthés. Derrière nous arrivent les Trafic (Oh! Alain?) qui sont des vedettes locales à ce moment là et se prennent un poil , pour Police. Ce sont eux qui clotureront la soirée. A 22h , la scène est à nous pour une heure.

Depuis la scène, au fond de la piste,je vois la masse des arènes dans l'obscurité. La piste est à moitié remplie, ce qui fait un paquet de monde, si on ajoute les gens sur les gradins. C'est le plus gros concert que nous ayons fait - et que nous ferons jamais, reconnaissons le. Même si le public n'est pas venu que pour nous,c'est un grand moment. Quand tu vis ça à 21 ans, tu t'en souviens après, et ça te flatte l'égo,un peu... J'ai pas une once de trac et je me tiens debout , en bord de scène, concentré sur ma Fender Music Master trafiquée. Ca sonne, putain , ça sonne vachement bien. Sid est à ma droite qui, d'après le public , lequel nous le rapportera après, est impressionnant, maretelant ses cordes de basse avec vigueur. Nous avons commencé par la reprise du Velvet WLWH, puis enchaîné avec nos morceaux du moment. Bright Interval, Love Song - le titre qui évoque Barrett-,Kalt Stadt ( une vieillerie maintenant),Lonely streets...pour ce dont je me souviens. Je passe au synthé sur un titre, assez ancien, appelé le Silence qui m'entoure. Quelque chose qui avec le Crumar et ses violons, la ligne de basse par dessus et le beat robotique de batterie, rappelait Faith de The Cure. Nous avons fini par Ceremony. J em'en souviens très bien patce que tout à coup , la ligne de basse de Sid, m'avait semblé curieuse. Une raison à celà,notre bass hero avait pêté le ré et le sol. Jacques eu aussi quelques problèmes, son kit de batterie ayant eu la facheuse tendance de glisser. Un road le maintient ou le replace, que j'apercevais , par instants, grimpant sur le côté de la scène. Devant la scène je reconnais au premier rang, des têtes connues; Les Cold Brains, dont le chanteur, alors fort jeune, deviendra le chanteur des Via Romance. Les types qui ont 17/18 ans, soit 3 ou 4 ans de moins que nous, ont débuté leur groupe cette année là. Nous les reverrons.

En rappel nous ne savons pas que jouer - puisque nous fûmes rappelés - faute d'avoir répéter avec Sid. Après consultation des troupes, je lancerai le riff de Sister Ray, G/F7/C , sans en connaître les paroles. Peu à peu, et en improvisant dessus et sid sur ses deux cordes restantes, le titre glissera vers un moment expérimental des plus velvetiens, mis à notre sauce. Ovation . Le public aimait ça, visiblement. Notre réputation était faite. Trois ou quatre années glorieuses allaient suivre.

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Au début des eighties c'est aussi, partout, le grand boum des radios libres! Notre road, le copain étudiant et fan de rock l'est à tel point, qu'à sa façon, il s'est lancé. Il anime un émission dont le nom est , si je me souviens bien**,"Loco** Mosquito". C'est Rock ,punk, new wave et délirant. En 82/83 il a diffusé des trucs que nous avions enregistrés en répet. Drôle d'effet que de s'entendre sur les ondes. Mais c'est après l'été que des choses plus intéressantes , de ce côté là, vont se passer pour nous, Les Passagers. Je rencontre en Septembre 83, Jérôme qui déambule avec un T shirt P.I.L. De quoi m'intéresser:wink: ! Nous sympatisons et j'apprends que l'homme anime hebdomadairement une émission rock , tout ce qu'il y a de branché, sur "radio cigale" qui deviendra ensuite canal 30 et qui est aujourd'hui rachetée par un grand groupe....:scratch: Le truc s'appelle "Petit avec de grandes oreilles" . On y entend Rock et new wave, JD, Clash, Iggy etc...mais aussi T Rex, New york Dolls, que du bon . Jérôme cause bien et nous fait passer à l'antenne . Je suis aussi son invité ponctuel pour une spéciale de 2heures sur JD. Un must:shy: . Ensemble nous faisons également un petit journal papier que nous appelerons "PULP's". Nous le diffusons chez les disquaires locaux et chez mon copain de " L'oreille cassée" la librairie Bd branchée ( toujours d'ailleurs).Jérôme devient également notre "manager", actif et passionné. La grande aventure, quoi... Finalement l'automne 83 est ainsi davantage consacré à la com qu'à la musique jouée. Raisons simples à celà. Sid/Pascal est reparti à Paris. Ma collaboration avec lui, qui avait commencé au Lycée s'arrêtera là. Je ne le reverrai qu'en 89 , au concert de NO, notamment et les choses, entre nous, se passeront plutot mal... Michel (Mick Jones) est toujours sous les drapeaux. Donc ses retours sont super-épisodiques. En Novembre nous jouerons sous cette forme de trio sans bassiste, dans un festival New Wave que nous organisons nous-mêmes dans une salle des fêtes de la banlieue de notre ville d'origine. Nous faisons venir Les Frogs d'Arles, qui se prennent un poil pour un mélange des Jam et des Who. Lookés , vespas et tout et tout.Les "**Larves Molles"**jouent aussi, qui ouvrent le bal. ET "Trafic" de Nîmes. Les 'Ghetto (nos vieux ennemis):angry: sont dans la salle qui se marrent dans leur coin , parce qu'il n'y a pas grand monde. Mais, eh! Ducon! ceux qui n'essaient pas se loupent pas ! Jérôme est un peu furax qui boit beaucoup dans son coin. Après les arènes, c'est sûr, ça faisait un décalage. Mais méfi!

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La scène musicale nîmoise, début 84, n'est pas franchement new wave. La sous préfecture où nous fîmes nos débuts est un peu de l'histoire ancienne pour nous. Surtout depuis le fiasco du festival new wave que nous tentâmes d'y organiser à l'automne 83. Une page s'est tournée. Le concert des arènes en est sans doute le marqueur temporel.Bien qu'il n'y ait pas de rapport direct. "Les Passagers"sont un groupe de Nîmes et connus comme tels. Seuls quelques "vieux"fans ( c'est relatif vu la moyenne d'âge du groupe 22/23 ans!)savent qui nous étions avant et ce que nous avons déjà fait. Et il y en avait . Pas beaucoup mais quelques uns. Une dizaine d'accros si on peut dire. A Nîmes, donc, on compte à ce moment là plusieurs groupes dans la même tranche d'âge que nous. Traficest le principal et c'est un trio qui se situe entre rock progressif et new wave façon Police,Fisher Z...Pas notre tasse de thé."Eclats", qui sont assez connus, font un rock français tirant vers le hard avec des tentations un peu pompeuses, peut-être, dirais-je, inspirées par Queen. "Les Tricheurs" ( dont un membre est toujours actif)font dans une veine proche de Bijou,Lili Drop etc. Tout le monde se connaît mais n'est pas forcément en très bons termes - ce qui est con, vu que nous ne jouons pas du tout la même chose. Un rien plus jeunes, les "Cold Brains" sont cold, comme leur nom l'indique, traumatisés par The Cure.Ils ont un bon bassiste sur lequel je lorgnerai pour remplacer Sid.Bien des années plus tard, leur chanteur formera Via Romance. Il y a aussi les Route 66qui font du ryhtmn blues. Christian Gonzalès et ses Missiles, lui , fait office de pro. véritable. Mais plus âgé et dans un autre registre. Question groupe New wave éclairé, on l'aura compris - et ce ne sera pas sans incidence- nous sommes les seuls.

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Et qu'est-ce que c'est que le look d'un groupe New wave éclairé, en 1984 ?? HUm ? Parce que le look , ça comptait. CA a toujours compté en matière de rock, l'image. Donc nous nous démarquions des hard rockers aux futals serrés et cheveux longs frisés et Stan Smith aux pieds. Des groupes "minets"/proprets aussi, qui avaient la frange. Des Teddy Boys à la banane et aux bandanas colorés sur des perfectos. Des "corbeaux" aussi, très caricaturaux. Mais alors, à quoi ressemblions nous ? Ben, dirais-je,à des gentils garçons un poil énervés et tendus, parfois. Ca , c'était le profil psy. Mais question vestimentaire et il ya eu un bouquin là dessus, ça oscillait entre tenues noires ou sombres , mais sobres, longs manteaux des fifties achetés aux solderies, polos Fred Perry -uniquement- là par contre nous étions intransigeants.Les Tshirts floqués aux noms des groupes idoles étaient rares à l'époque. Donc pas ou peu dans les gardes robes. Je dirais que nous avions un look new wave assez classique, sobre et mancunien ( mais du sud!:shades: ). C'est à dire que , tout de même, sur nos impers, il n'y avait pas tant de pluie que ça! J'y reviendrai.

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Et j'y reviens donc, à cette histoire de pluie. Pour être exact le nom complet du groupe était "Les Passagers de la Pluie". La référence, pour qui aime le cinoche des seventies, est évidente. Ben oui, le film de René Clément, avec Marlène Jobert et Charles Bronson! Le Passager de la pluie, polar qui se déroule sur le littoral provençal.Un bus arrive dans une station de bord de mer endormie,hors saison. Sous une pluie battante un type "louche" en descend. Il erre dans les rues ,sous les pins maritimes, paraît aller au hasard. Il remarque Marlène Jobert (excellente), la suit le soir venu, jusqu'à sa villa et la viole. On croit qu'il a disparu mais il est encore dans les murs! Marlène le descend d'un coup de carabine puis le fait disparaître. Arrive Bronson (magnifique) en Ford capri rouge (Woooowww!), agent ou policier américain à la recherche, justement du gros méchant descendu par Marlène.... Dans le groupe tout le monde aimait le film. Il reste, pour tout un tas de raison, parmi mes films cultes. D'abord,sans doute, à cause des paysages qui sont liés à beaucoup de moments de ma vie et à cause de l'époque, enfin,le design de l'époque,les barraques de l'époque, le littoral avant le bétonnage . Nous nous appelâmes donc "Les Passagers de la **Pluie"**que nous trouvions d'autre part, un nom romantique et énigmatique, un rien inhabituel pour un groupe de rock. L'idée nous séduisait. Nous poussions aussi le vice dans nos affiches mêmes, dont certaines très belles - à mon goût- ne laissaient nullement supposer qu'il s'agissait d'un groupe rock. Je me souviens d'un concert en 85 et de son affiche , pour une soirée dans un café théâtre nîmois. Certains ne savaient pas ce que c'était ce truc. L'affiche était de format carré et le nom du groupe en lettres noires et rouges , sobres. Ce côté poétique nous plaisait. De même , l'évocation de la pluie soulignait telle une certaine mélancolie dont nous étions empreints. Cette pluie évoquait,bien sur,Manchester,un peu notre "Lourdes" à nous. Dans l'usage commun, on nous appelait, toutefois,"Les passagers". Ce qui me plaisait bien et collait avec la même ambiance et les mêmes références.

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Mont-Aigual ! Ce nom resonne en moi. Je me souviens d'y avoir été avec mes parents, je devais avoir 12 ou 13 ans. Tout le monde était dehors sauf moi qui dans la voiture écoutait Bernard Lenoir présentant de la nouveauté d'outre manche. Putain c'etait pas un concert de Joy division par hasard? I remember nothing...

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florent wrote: Mont-Aigual ! Ce nom resonne en moi. Je me souviens d'y avoir été avec mes parents, je devais avoir 12 ou 13 ans. Tout le monde était dehors sauf moi qui dans la voiture écoutait Bernard Lenoir présentant de la nouveauté d'outre manche. Putain c'etait pas un concert de Joy division par hasard? I remember nothing...

C'était pas nous, en tous les cas. Nous n'avons jamais atteint de tels sommets:) .Mais si c'était le set de JD retransmis par Lenoir, il devait y faire froid, sur L'aigoual, vu qu'ils ont joué à Paris en Déc 1979. T'avais raison de rester à l'intérieur...

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c'etait pas ex alors, mais c'etait bon quand meme. L'endroit meme vu de derriere la vitre m'avait impressionné

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Le début de 1984 n'est pas musicalement parlant, super occupé pour nous.Il y a une petite défection des troupes qui, par la force des choses, nous oblige à ralentir. Je compose avec JAcques à la batterie,quelques uns des titres qui constitueront notre répertoire de l'année suivante.Ce qui caractérise plutôt cette période un peu transitoire ,ce sont ces activités parallèles au groupe dans lesquelles nous nous plaisons. A savoir la radio (encore libre,mais les choses changeront bientôt, avec le rachat des antennes par des grands trusts commerciaux) et notre fanzine "Pulp's". La presse culturelle locale le remarquera et nous aurons droit à un article sérieux, qualifiant notre publication de "premier fanzine rock du gard". Si.Avec Jérôme,l'homme de "Petit avec de grandes oreilles" et qui s'occupe plus ou moins de nos intérêts,je concocte des émissions spéciales sur JD et NO, diffusant force bootlegs achetés à prix d'or, chez Mr Vinyl à Montpellier - la boutique n'existe plus aujourd'hui et depuis longtemps.Chaque mois nous publions également "Pulp's" qui se fait le reporter de la scène locale et nous gribouillons des articles sur les disques du moment et qui nous passionnent.Je m'intéresse un temps à MArc Sebergde Philippe Pascal, ex-MDS, y trouvant une sorte de grandeur que toutefois, quelques mois après, je jugerai tout simplement pompeuse... Ces mois de début 84 sont ceux qui cimentent ce que nous connaissons comme la "New Wave",genre auquel nous nous voulons apparentés,naturellement.MAis c'est aussi le début de certaines dérives et d'une vulgarisation du genre. Arrivent les comiques Big Country ou autres A-Ha (Est-ce la bonne orthographe?) et une certaine aseptisation du son.C'est aussi,par voie de conséquence,la fin d'une autre période. Celle où le rock était rebelle et revendicatif ou vecteur d'une autre idéologie.Le punk en ayant été l'exemple le plus récent à cette date là.Des groupes comme Eurythmicsfont recette et c'est à chier. Bowie est déguisé en minet ridicule avec coiffure choucroute.Les synthés et les boites à rythmes tendent à occuoer beaucoup d'espace. Des questions se posent. Sacrément.

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Les boites à rythmes? Les toutes premières du genre apparaissent sur le marché et, finalement, nous en achetons une. Une Roland TR 606. Programmation casse pieds. Faut être un vrai matheux pour s'y repérer. Patiemment je recompose la ligne de Thieves like us. C'est un jouet ce bidule. On s'y arrache un rien les cheveux mais après quelques semaines ça va. Jacques , derrière ses tambours considère l'objet avec curiosité. Nous avons l'idée de coupler la machine avec son jeu direct et puissant. Au printemps 84 , Jérôme nous a dégoté un set au nord du département. L'endroit s'appelle "la Guinguette du Rock". C'est sur les bords du Rhône, le grand fleuve qui se tape bien du rock, lui, plus habitué aux fifres et aux galoubets! Nous y retrouvons de vieilles connaissances "Cold", les Stress Division , arlésiens, qui m'ont fait connaître JD. La scène est toute petite, étroite. Nous jouons avant les Stress. Public rempli de clones de Siouxie et d'indiens bizarres, voire attardés...Un type promène sa copine avec une lesse... L'endroit ne me plaît pas du tout. Il nous le rendra bien. Sur la scène nous sommes esquichés comme c'est pas permis.Michel a eu une perm.et il prend, pour la première fois la basse ( place vacante dans nos rangs). Jacques se sert de la Roland et nous attaquons notre set par une reprise à notre sauce, de 586. Visiblement personne connaît.La basse ronfle: DD/CC/C/FF/FCC...passé au flanger. Je joue à la guitare la petite mélodie qui égaie le morceau. " I see danger/danger/Danger!!!" chantai-je. Mais le danger je ne le vis pas immédiatement, sous la forme d'une cannette (Tall cans in the air!) qu'un connard balança dans ma direction. Arrêt immédiat de la musique. Quasi émeute! Je me barrai backstage, jurant après ces néo-punks de merde! Les organisateurs un rien emmerdés vinrent nous rechercher pendant que des musclé viraient le guillaume Tell à la Kronenbourg. Jérôme était bourré,livide et les yeux rouges injectés... Des galères du genre, tout groupe rock "amateur", en connait. Ca fait un peu partie du sort quotidien. Dans le public il y a des types qui viennent pour boire, ou draguer, ou chercher querelle. Ce dernier "défaut" des concerts de l'époque, était , en fait, assez récurrent. Les skins en étaient les spécialistes. Et rien à voir avec les "loulous"des sixties, les loubards romantiques ... Non. Les skins qui gueulaient "Oï! Oï!" en bombers et doc Marteens, étaient juste des gros nazes, paumés et violents. Le stypes venaient ouvertement pour se battre et semer le désordre. Celà pouvait aller de pogos un peu plus violents que ce que la pratique de la danse virile ne le nécessitait, jusqu'aux coups directs, en passant aussi , quelquefois, par des destructions de salles - les toilettes, en général, étant les lieux de prédilection de ces oiseaux mal plumés. Les skins étaient des petits fachos qui écoutaient Sham 69 dans le meilleur des cas, et le plus souvent du punk hardcore, mal joué, saturé, vociféré. Je ne citerais pas les groupes exacts qu'écoutaient les skins, mais toujours est-il qu'ils nous ont fait chier grave , deux ou trois fois autour de 84/85. On les vit moins après. Pourquoi ? je ne saurais le dire. Le phénomène de mode avait peut-être un peu passé et ces simples d'esprits avaient dû se réorienter vers le football, sans doute.

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Fin 84 nous revoilà en trio. Michel (ex_Mick Jones) prend la basse. Non pas que son jeu de guitare soit moins bon que le mien, mais parce que le truc lui plait beaucoup. Il s'achète cheap but Chic, une basse Tokai, pas mauvaise du tout après avoir fait ses gammes sur la Guild d'un copain. Jérome manage à fond pour nous autres. L'homme de "Petit avec **de grandes oreilles",**la cultissime émission rock nîmoise - pour ceux qui ont l'âge de l'avoir écoutée- s'affaire pour nous autres. Sérieux. C'est lui qui nous fait jouer avant The Opposition. Le groupe Franco-anglais est en tournée qui va,le lendemain , je crois, donner un set au Rockstore de Montpellier. Le concert nîmois est sous chapiteau,installé dans les "Jardins de la fontaine" (Jiphy connaît). Le truc est organisé par des trentenaires(des vieux pour nous autres, alors!) qui tiennent un club musical "Musique en stock" branché(Jiphy, once again, a dû connaître).Nous y jouerons deux fois ,les années suivantes. Ceux sont également eux qui ont, en partie, managé le concert des arènes en 83.Donc on est entre les mains de sérieux,des quasi pros, des fins connaisseurs... Tout le "Who's who" local est là. Nos copains arlésiens de Stress, les Trafic de Nîmes, lesquels râlent un peu parce qu'ils auraient bien voulu être à notre place. Backstage les mecs de The Opposition sont livides et visiblement fatigués par la longue tournée.Honnêtement ça faisait pas envie. On a un temps de soundcheck et je suis franchement flippé. POurquoi? Ben , la pression du public. Je me dis que là, c'est un public d'esthètes qui va nous écouter. Rien à voir avec les Skins avinés du concert à la "Guinguette" où je faillis me faire assommer à coup de canettes en verre. Michel est cool qui reluque le pédalier basse du gigantesque bassiste des Opposition. Jacques détraque la boite Roland et je l'engueule comme un pourri. Ca part mal! Le trac quoi...

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Et oui, cela en dit à Jiphy...

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JEAN NOEL BOUET wrote: bootlegs achetés à prix d'or, chez Mr Vinyl à Montpellier

Ca aussi, cela coûtait cher à Jiphy. C'était au Triangle, non ? Avant qu'ils déménagent pour une petite rue qui descendait de la place de la Comédie (et par laquelle on pouvait rejoindre le Triangle, où ils se trouvaient précédemment)... Ils avaient changé leur nom en Backstage... La dernière fois que j'avais vu la boutique, elle avait pris feu...

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JEAN NOEL BOUET wrote: Roland TR 606.

Ca aussi, ça me parle... à moins que ma première ait été une 626...

JEAN NOEL BOUET wrote: "la Guinguette du Rock".

Elle n'était pas dans le Vaucluse ?

En tout cas, c'était un endroit bizarre perdu au milieu de... rien...

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Jiphy wrote:

JEAN NOEL BOUET wrote: Roland TR 606.

Ca aussi, ça me parle... à moins que ma première ait été une 626...

JEAN NOEL BOUET wrote: "la Guinguette du Rock".

Elle n'était pas dans le Vaucluse ?

En tout cas, c'était un endroit bizarre perdu au milieu de... rien...

perdu,au mileiu de rien...en effet. Et les skins avignonais! Mais il y a prescription.:uhoh:

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Et ça continue...J'ai comme une boule dans la gorge et ma MusicMaster customisée déconne. Va savoir pourquoi,la corde de si se désaccorde tout le temps. Du mou dans la mécanique. PAs au bout de mes peines je reserrerai les petits vis à l'aide d'un mini cruciforme. Bon . Essais de basse, essais des drums. Les mecs de la sono nous parlent en anglais. Essais de voix et de guitare. Ce soir, nous dit Jérôme, nous aurons une demi-heure. PAs plus. "Alors soyez bons, les mecs. Parce que je vous deale une soirée rien que vous à Musique en Stock". Ah! Ok! Histoire de faire monter la pression , y'avait pas mieux à dire. Nous nous brain stormons pour une set list originale. Nous mettons notre reprise de 586en bonne place. Un titre aussi qui deviendra , un peu, notre morceau de bravoure et qui s'appelle "It's a blue day". Je propose de finir par "European cars" qui est un titre que j'ai composé avec Jacques et que nous n'avons jamais joué live, encore. Je l'aime bien avec son tempo lent, son beat répétitif de batterie et sa suite d'accords qui n'est pas sans évoquer le Jugband Blues de Barrett - encore! Michel termine la compo par une ligne de basse Hookyesque, une sorte de solo qui s'appuie sur les deux accords de fin :C et Am. Avec des slides et tout. De quoi faire vibrer. Je chantais "I'd like to see u in europeans cars".....etc etc. C'était un bon choix. Restait à convaincre la salle de spécialistes.:uhoh:

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In A Noisy Place wrote: Alors, alors... :p

ça vient,ça vient... Mais un soundcheck décrit dans le menu, avec ses aléas et le stress, c'est intéressant, aussi. L'envers du décors.:shades:

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Le chapiteau est plein. C'est à dire ? A vue de nez et de mémoire- ça fait un bail, quand même- 300 personnes devaient se tenir debout, là, devant nous, à nos pieds:lol: si on veut faire prétentieux. Mais la prétention n'était pas de mise. Du moins pas ce soir là. La boule dans la gorge je l'avais toujours. Au premier rang je voyais les visages connus des "copains" de la Stress Division arlésienne.Jean François me faisait des clins d'oeil sympas, devinant mon anxiété. Nous attaquâmes la demi-heure octroyée. Par quoi ? Lonely streets,il me semble. J'aimais bien ce morceau basé sur les accords de E et A avec un D ensuite. Structure classique. J'avais un petit riff accrocheur dessus: E E E A_G# E E D E qui faisait son effet. Over drive léger. Belle ligne de basse de Michel, mélodique, tout le long "The streets and their lights/the hands and their arms/ are an usual way for U// So sorry but I can't feel fine / Tonite with U..." Ca avait quelque chose de très juste ce soir là. Le noeud dans la gorge me collait une soif terrible. Entre chaque titre je m'envoyais une ou deux gorgées de bière. Ca pouvait paraître rock'n roll, c'était thérapeutique en vérité. J'ai dû me détendre après le troisième morceau. Parce que je voyais les gens qui se tortillaient en rythme. Donc nous passions bien, me dis-je, sans doute. NOus jouâmes 586 avec la boite Tr 606 qui claquait un coup de caisse claire synthétique à intervalles réguliers et le charlé qui tournait non stop. Je crois que Jacques jouait uniquement sur le tom basse pour cette reprise. Une idée du maestro des drums qui, ce soir là, portait une chemise blanche immaculée nouée au col d'une cravate noire. Le con, de temps à autres, faisait le pendu avec! Le grand moment fût avec ce qui devint notre greatest hit, si on peut dire,un morceau long de cinq ou six minutes et qui s'intitulait "It's a blue day". Y'avait, dans ce titre, évidemment,une évocation du Blue Monday de N.O. Mais seulement dans le titre et quelques lignes des textes. "What can we do on a blue mondayspending our time on a beach ? What can we hope on such a blue day, wasting our time indeed ? So well, i say, give me my hat and i'll leave/walking at night on a beach/ give me my shoes/so well cleaned/ see me at day /i'm Ok" etc.... et etc.:shy:

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Nous terminâmes le mini concert par un titre très rentre dedans, guitare saturée sur riff de basse , basé sur les accords de D et G.Nous avions ,en fait,bouclé la set list un poil plus vite que prévu,après European Cars qui devait être le dernier morceau joué. Le choix du last number fût décidé en un clin d'oeil. Le morceau s'appelait "a hard rocking one". Pratiquement sans paroles. Je répétais , quasi en boucle, la même phrase : "Hard rocking/We're just hard rocking/We gonna rock u/ We wanna rock u/ cos it's just an hard rocking one// Hard rocking//Hard rocking//!!! faisait Michel, en réponse - Quand j'y repense ce titre ressemblait terriblement à un truc de Death in Vegas,qu'on trouve en ouverture de Satan Circus ,il me semble. Je crois que le titre en est Leather. La pièce "hard" secouait. Je la terminai par un solo Hendrixien, un rien effrayant.Dos au public et jouant sur le larsen de l'ampli. Le truc provoqua son effet. Clairement nous n'étions pas des rigolos."Les Passagers" ( de la pluie) avaient amené l'orage avec eux:abovelol: - chose à laquelle nous nous appliquâmes ainsi, de temps à autres,l'idée devenant une de nos caractéristiques, commençant ,les deux années suivantes ,chacun de nos sets,par un orage simulé au DX7( d'autres membres du groupe vont apparaître et non des moindres qui s'y emploieront):thumb:

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Ainsi nous devenions "le" groupe new wave de la ville. C'était peut-être modeste comme reconnaissance, mais c'en était une. Les PAssagers commencèrent, à partir de ce moment, à avoir une partie du public local qui les suivait,intéressé dans le fait d'entendre ,joués live , des titres apparentés au genre musical en train de s'installer. Un public de jeunes gens qui nous suivit, donc, de set en set, en petit groupe hétérogène mais reconnaissable. Nous revoyions des têtes connues. Sans donner des noms toutefois. Des types qui trainaient chez 340Ms (disquaire branché)ou qu'on croisait au Napo ou à la Bourse ,ou au plus mythique 421 ( bars locaux, on l'aura compris) au comptoir duquel Jérome tenait une sorte de bureau-permanence. Le soir de The Opposition, fût ainsi, si on peut dire, un coup qui nous rapporta.Qui confirma notre envie de continuer et de jouer. De faire notre truc. De créer, un peu, notre petit univers aussi, une sorte de bulle finalement, dans laquelle, c'était aussi un de ses intérêts, nous avions l'impression d'échapper à ce que seraient (ça n'a pas manqué) nos destinées de français moyens, middle class.

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En 1984, oui, La New Wave s'installait en france. Le genre n'était plus inconnu - du moins certains de ses groupes leaders. C'était sans doute, par ici, The Cure qui tenait le haut du pavé . Avec U2, bien entendu.Deux groupes que j'étais allé voir live, que je retournerais encore voir et écouter - notament U2, en Juillet 87, qui joua en plein air à Montpellier.Bono et sa troupe c'était le gros gros truc. Foule immense devant la scène. Le concert de 87 fut un sommet du genre. Un rien grotesque à mon goût... Ces groupes là n'étaient pas ceux que nous chérissions le plus. Peut-être y avait-il un certain snobisme à aller chercher des choses plus underground, mais surtout, musicalement, plus intéressantes, moins ostentatoires. Dans la même veine que The Cure et U2, je me rappelle ainsi, cette année là (84, il me semble bien) de Simple Minds à l'Odéon de MOntpellier ( pas encore rebaptisé Rockstore). Le groupe était certes moins connu que les deux autres ( la preuve en était la taille de la salle),mais allait bientôt devenir très connu. Grand public et vulgarisant largement son propos. Notre attitude était celle d'esthètes. Ce que nous aimions et que nous essayions de faire avait une exigence qui frolait, parfois,le pénible. Ce côté pointu, archi revendiqué, nous le nourrissions d'écoutes acharnées des groupes peu connus,référencés qui demandaient d'aller encore écouter autre chose pour en maitriser le langage. Si j'essaie une liste de ces groupes, rapidement me reviennent Felt,Eyeless in Gaza,Cocteau twins,Feelies,YMG,Echo,Throbbing Ghristle,Can,Kraftwerk,The Specials,Section 25 pour cette période 84. Felt, en ce qui me concerne, est dans mes favoris. Un peu à cause de la guitare - mais j'étais aussi très fan de celle d'Echo. Autant dire que nous mettions la barre haute. Trop, sans doute. Trop. Oui. ce qui cassa un rien les baguettes de Jacques,qui début 85 décida d'un split! C'était le premier coup raide. Quoi ? Comment? Tu viens plus répéter ? Mettez par dessus les histoires avec les nanas (!) vous avez le tableau... " Oui, je lui ai dit! C'est la batterie ou c'est moi!". Oh ! con! Les boules!!!! Michel de son côté, va faire le guitar hero dans un pub rock band qu'il crée pour se divertir de son rôle "sérieux" de bassiste dans un groupe (trop) sérieux... Aïe! Jérôme nous secoue grave, mais en Janvier/Février/Mars, Jacques ne descend plus (il n'habite pas Nîmes, lui) répéter dans le local rock. Et ça lui pose pas de souci, apparemment. Il est satisfait du parcours déjà réalisé ( celà fait 4 ans que nous jouons ensemble, c'est déjà plus que la moyenne, il est vrai, des groupes locaux). Je suis, on s'en doute, très agacé.

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